Open top et flat rack : les conteneurs pour charges hors gabarit

Camion transportant un engin lourd sur une piste de terre

Un transformateur de 4 mètres de haut, une presse de 38 tonnes, une pelle hydraulique : ces marchandises ne passeront jamais par la porte d’un conteneur fermé. Deux types de conteneur maritime existent dans le transport par mer pour répondre à ce besoin, et ils ne traitent pas le même problème. L’open top permet de charger des marchandises par le haut, mais reste une boîte. Le flat rack n’est plus une boîte du tout : c’est un plancher renforcé, utilisé seul.

Voici ce que chacun permet, avec les cotes et les charges utiles réelles, relevées sur la fiche technique de la flotte de conteneurs maritimes d’un armateur de ligne régulière.

Le problème : charger par la porte

La contrainte de gabarit

Un container dry classique de 20 pieds, l’unité qui sert de base au calcul en EVP et aux équipements dérivés, offre une ouverture de porte de 2 340 mm de large sur 2 292 mm de haut. Toute marchandise qui dépasse ces cotes doit entrer dans un conteneur par une autre voie, ou ne pas y entrer du tout. C’est la contrainte qui a fait naître ces deux containers spéciaux.

La contrainte de charge

Le second problème est le poids. Un dry de 20 pieds accepte 28 130 kg de charge utile. Au-delà, il faut pouvoir compter sur une structure différente, conçue pour encaisser des charges concentrées sur quelques points d’appui plutôt qu’un chargement réparti.

Trois familles de containers maritimes répondent à ces deux contraintes :

  • l’open top, pour une marchandise trop haute : la solution la plus courante ;
  • le hardtop, même principe avec un toit rigide ;
  • le flat rack, pour une marchandise trop large ou trop lourde pour tous les autres containers.

Le conteneur open top

Le principe

Le container open top est un conteneur dry dont le toit rigide est remplacé par une bâche tendue sur des barres amovibles. Les quatre parois et le plancher sont ceux d’un conteneur maritime classique ; seul le toit s’ouvre.

Le chargement se fait donc à la grue, par le dessus, puis la bâche est refermée et scellée. En transport maritime, c’est ce scellement qui distingue un open top d’un équipement réellement ouvert.

La porte reste utilisable, ce qui compte : on peut charger par le haut et décharger par la porte, ou l’inverse.

C’est la solution pour une marchandise trop haute mais de gabarit maîtrisé. Ce type de conteneur est utilisé pour les machines montées sur socle, les bobines de tôle, les blocs de pierre et toutes les marchandises volumineuses qui se lèvent plus facilement qu’elles ne se poussent.

Les cotes et les poids

Type de conteneur Dimensions intérieures (mm) Ouverture de toit (mm) Poids à vide Charge utile
Open top 20 pieds (22 U1) 5 895 × 2 350 × 2 340 2 230 × 5 338 2 450 kg 30 050 kg
Open top 40 pieds (42 U1) 12 029 × 2 350 × 2 344 2 230 × 11 552 4 050 kg 28 450 kg
Hardtop 40 pieds (42 U6) 12 020 × 2 342 × 2 313 2 208 × 11 724 4 700 kg 25 780 kg
Dry 20 pieds, pour mémoire (22 G1) 5 900 × 2 352 × 2 395 — 2 350 kg 28 130 kg

Deux informations utiles se cachent dans ce tableau.

  • L’open top de 20 pieds porte plus lourd que le dry de même longueur : 30 050 kg contre 28 130 kg, parce que sa poids brut admissible monte à 32 500 kg au lieu de 30 480 kg.
  • Le volume perdu est minime : 32,5 m³ contre 33,2 m³ pour le dry, soit 0,7 m³.

Les dimensions extérieures, elles, ne changent jamais : tous ces équipements respectent le gabarit ISO, soit 6 058 × 2 438 × 2 591 mm pour un conteneur 20 pieds et 12 192 mm de long pour un 40 pieds. C’est l’intérieur qui varie. Autrement dit, choisir un open top ne coûte presque rien en capacité. C’est la disponibilité du parc de containers, bien plus que la technique, qui en limite l’usage.

Grues portuaires et navire porte-conteneurs à quai
L’open top se charge par le dessus, à la grue : l’ouverture de toit mesure 2 230 mm de large. Photo Robert Schwarz / Pexels

Les barres de toit, ce détail qui compte

Parmi toutes les dimensions d’un container open top, celle-ci est la plus souvent négligée. La hauteur utile d’un 40 pieds est de 2 344 mm barres de toit en place, et de 2 420 mm une fois celles-ci retirées. Ces 76 mm décident souvent si une machine entre ou non. Il faut en revanche le voir avec la compagnie : un conteneur expédié sans ses barres ne peut plus recevoir de boîte empilée par-dessus, ce qui change son plan de chargement à bord.

Le hardtop, variante à toit rigide

Le hardtop remplace la bâche par un toit en acier démontable, posé à la grue. C’est la solution intermédiaire entre le conteneur fermé et l’open top bâché. Il offre la même étanchéité qu’un conteneur maritime fermé et une ouverture de toit plus longue, 11 724 mm au lieu de 11 552 mm. Le prix de ce toit rigide se lit dans la charge utile : 25 780 kg seulement, soit près de 2 700 kg de moins qu’un open top bâché de même longueur. C’est le choix des marchandises sensibles à l’humidité, quand un conteneur frigorifique serait inutile mais qu’une simple bâche ne suffit pas.

Le conteneur flat rack

Le principe

Un conteneur flat rack n’a ni toit ni parois latérales fixes : c’est un plancher renforcé monté sur un châssis aux cotes du 20 ou du 40 pieds, généralement en acier, qui occupe dans la pile le même espace qu’un conteneur flat refermé, avec deux extrémités relevées.

La structure est calculée pour pouvoir supporter des charges lourdes concentrées, ce qu’un plancher de conteneur dry ne sait pas faire. C’est la différence technique de fond entre les deux équipements : l’un est une boîte ouverte, l’autre un support de charge.

Cette ouverture complète est aussi sa limite : la marchandise n’est protégée ni des intempéries ni des regards, et elle n’est pas transportée en enceinte scellée.

Tout repose donc sur l’arrimage, et c’est là que se jouent la plupart des litiges sur ce type de transport de marchandises.

Les dimensions et la charge utile

Type Plancher (mm) Largeur entre les ridelles Hauteur utile Poids à vide Charge utile
Flat rack 20 pieds (22 P3) 5 638 × 2 438 2 194 mm 2 233 mm 2 900 kg 42 100 kg
Flat rack 40 pieds high cube (45 P3) 11 652 × 2 347 2 245 mm 2 265 mm 5 900 kg 49 100 kg

L’écart avec l’open top est spectaculaire. Un flat rack de 20 pieds encaisse 42 100 kg, soit 12 000 kg de plus qu’un open top de même longueur, et le 40 pieds high cube monte à 49 100 kg pour un poids brut admissible de 55 000 kg.

Le conteneur flat rack est donc l’équipement des structures métalliques industrielles, des machines lourdes, des bobines et des engins de chantier ou de construction. Les caractéristiques du châssis sont ce qui les distingue de tous les autres containers. Pour fixer l’ordre de grandeur, un seul container flat rack de 40 pieds transporte l’équivalent de deux dry chargés au maximum.

Deux cotes méritent l’attention avant de réserver :

  • la largeur entre les ridelles, 2 194 mm sur un 20 pieds, plus étroite que la largeur du plancher : une marchandise large de 2,30 m repose sur le plancher mais ne passe pas entre les ridelles relevées ;
  • la hauteur du plancher au-dessus du sol, 370 mm sur un 20 pieds et 648 mm sur un 40 pieds high cube, qui se retranche de la hauteur disponible sous le gabarit routier ou ferroviaire.
Pelle hydraulique chargeant des matériaux sur un camion de chantier
42 100 kg sur un flat rack de 20 pieds, contre 30 050 kg sur un open top : l’écart fait le choix. Photo Ivan / Pexels

Les parois latérales rabattables

Sur la plupart des modèles de containers flat rack, les deux extrémités se rabattent à plat. Un flat rack replié devient une simple plate-forme, empilable avec d’autres : c’est ce qui rend ces containers supportables pour les compagnies, qui peuvent ramener les vides en gerbage au lieu de transporter de l’air. Pour le chargeur, l’intérêt est ailleurs : les ridelles rabattues permettent de charger latéralement, au chariot ou au pont roulant, sans grue : une flexibilité que n’offre aucun autre conteneur.

Les points d’arrimage

Le plancher et le châssis de ces containers sont équipés d’anneaux dimensionnés pour l’arrimage, répartis sur toute la longueur. Leur capacité est marquée sur l’équipement, et c’est elle qui plafonne l’effort admissible par sangle ou par chaîne — pas la résistance du plancher. Les règles d’arrimage des charges s’appliquent exactement comme sur un plateau routier, avec la même logique de blocage et de cerclage.

La distinction entre sanglage, blocage et étayage, qui structure tout plan d’arrimage sur ces containers, est bien expliquée dans cette démonstration, en anglais :

Gros plan sur une sangle en nylon avec sa boucle métallique
Sur un flat rack, c’est la capacité marquée des anneaux qui plafonne l’effort, pas le plancher. Photo FOX / Pexels

Open top ou flat rack : comment choisir

  • La marchandise est trop haute mais tient en largeur → open top. On conserve les parois, l’étanchéité et le scellement, donc les garanties du transport maritime classique.
  • La marchandise dépasse en largeur → flat rack. Un open top n’élargit rien : ses parois sont fixes.
  • La charge dépasse 30 tonnes → flat rack, seul équipement à monter jusqu’à 49 100 kg.
  • La charge est concentrée sur des points d’appui → flat rack, dont le châssis est calculé pour reprendre l’ensemble de l’effort sur quelques points.
  • La marchandise craint l’eau → open top bâché, ou hardtop si l’étanchéité doit être totale.
  • Le chargement se fait sans grue → flat rack ridelles rabattues, chargeable par le côté : nécessaire dès que le site de départ n’a pas de portique.

Le hors gabarit

Ce que le dépassement déclenche

Dès que la marchandise dépasse les cotes du conteneur — en hauteur au-dessus des ridelles, en largeur au-delà du plancher, en longueur au-delà des extrémités — on entre dans le hors gabarit.

Ce n’est pas une nuance administrative : la compagnie de transport doit alors neutraliser les emplacements voisins à bord, et le colis se facture en fonction du nombre de places perdues, pas de son volume.

Trois conséquences pratiques pour la chaîne logistique :

  • la demande passe par un service dédié de la compagnie, et non par la réservation en ligne ;
  • une fiche technique du colis est exigée avant l’accord : cotes, poids, centre de gravité, points de levage ;
  • le délai s’allonge, parce que l’emplacement doit être retenu sur un navire précis.
Nacelles élévatrices alignées avec leurs bras déployés
En hors gabarit, le colis se facture en emplacements neutralisés à bord, pas au volume. Photo Jan van der Wolf / Pexels

Ce qui change au chargement

Un conteneur ouvert ne se remplit pas comme une boîte fermée. Trois points reviennent systématiquement dans les opérations de chargement.

  • Le calage. Sans parois latérales sur un flat rack, rien ne retient la marchandise, et le moindre jeu se transforme en ripage pendant le roulis.
  • Le levage. Les points de prise doivent être identifiés avant l’arrivée au terminal, sinon la grue attend et les conteneurs ratent leur navire.
  • La bâche. Celle d’un open top doit être remise en place et scellée : un conteneur qui arrive bâche mal fixée est traité comme ouvert, avec les réserves qui vont avec sur le connaissement maritime.
Conteneurs maritimes empilés sur un terminal portuaire
Un open top sans ses barres de toit ne peut plus être gerbé : la compagnie doit le savoir avant l’embarquement. Photo Wolfgang Weiser / Pexels

FAQ : open top et flat rack

Quelle est la différence entre un container open top et un flat rack ?

L’open top garde ses quatre parois et son plancher de conteneur dry ; seul le toit s’ouvre. Le flat rack n’a ni toit ni parois latérales fixes : c’est une plate-forme renforcée. Le premier gagne en hauteur de chargement, le second en largeur et surtout en charge utile.

Quelles sont les dimensions d’un flat rack 20 pieds ?

Un plancher de 5 638 × 2 438 mm, une largeur de 2 194 mm entre les ridelles relevées et une hauteur utile de 2 233 mm, pour 42 100 kg de charge utile et un poids à vide de 2 900 kg.

Peut-on charger un open top par la porte ?

Oui, les portes restent pleinement fonctionnelles. C’est même un avantage de ce type de conteneur : on peut combiner un chargement par le haut et un déchargement par la porte selon les moyens disponibles à chaque extrémité.

Un flat rack protège-t-il la marchandise ?

Non. Rien ne protège le chargement des intempéries ni des regards, et il n’est pas transporté en enceinte scellée. Housses, protections individuelles et assurance adaptée sont à prévoir, ainsi qu’une description précise du transport de marchandises sur le connaissement.

Ces containers coûtent-ils plus cher ?

Oui, pour deux raisons cumulées : le parc est rare, et le hors gabarit neutralise des emplacements à bord. Mieux vaut formuler sa demande de devis en donnant les dimensions exactes, le poids et les points de levage, plutôt qu’une estimation au volume.

Ce qu’il faut retenir

  • Open top : parois conservées, toit bâché, chargement du conteneur par le haut. 30 050 kg sur un 20 pieds, plus que le dry.
  • Retirer les barres de toit gagne 76 mm de hauteur sur un 40 pieds, mais interdit le gerbage.
  • Hardtop : toit en acier démontable, étanchéité totale, mais 25 780 kg seulement de charge utile sur ces conteneurs.
  • Flat rack : plate-forme renforcée pour marchandises volumineuses ou lourdes, 42 100 kg en 20 pieds et 49 100 kg en 40 pieds high cube.
  • Voir deux cotes avant de réserver un flat rack : la largeur entre ridelles et la hauteur du plancher au sol.
  • Dès qu’il y a dépassement, la facturation se fait en emplacements perdus, pas au volume.

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