Arrimage des charges : méthodes, sangles et contrôle

Ouvriers manipulant un conteneur sur une remorque de camion

Arrimer, c’est immobiliser une charge sur un véhicule pour qu’elle ne bouge pas, quelles que soient les accélérations, les freinages et les virages. Ce n’est pas une précaution de bon sens : c’est une obligation dont le conducteur est responsable, et la première cause de perte de chargement sur la route.

Ce que veut dire arrimer

Arrimer une charge consiste à la maintenir en place par des moyens mécaniques, de façon qu’elle ne puisse ni glisser, ni basculer, ni se renverser, ni tomber du véhicule.

Le mot vient du vocabulaire maritime, où il désignait le calage de la cargaison dans la cale. Il s’est étendu au transport routier, ferroviaire et aérien.

À ne pas confondre avec le bâchage, qui couvre le chargement, ni avec le calage, qui n’en est qu’une des méthodes.

Pourquoi l’arrimage est-il capital ?

Un arrimage insuffisant ne se voit pas tant que le véhicule roule droit. Il se révèle au premier freinage appuyé.

Les forces en jeu surprennent toujours. Lors d’un freinage d’urgence, une charge peut développer vers l’avant une force proche de son propre poids.

  • une charge de 500 kg mal arrimée exerce vers l’avant une poussée de l’ordre d’une demi-tonne ;
  • en virage, la force latérale atteint environ la moitié du poids ;
  • à l’arrière, lors d’une accélération, elle est plus faible mais pas nulle.

Les conséquences d’un défaut d’arrimage vont de la marchandise détruite à l’accident grave, en passant par la perte de chargement sur la chaussée et la mise en cause de la responsabilité du conducteur comme de celle qui a chargé.

Les quatre méthodes d’arrimage

L’arrimage par blocage

La charge est calée contre les parois ou contre une barre, sans jeu. C’est la méthode la plus efficace quand la configuration le permet, car elle ne dépend d’aucune tension.

L’arrimage par cerclage

  • la sangle passe par-dessus la charge et redescend de chaque côté ;
  • elle plaque la charge contre le plancher et augmente le frottement ;
  • c’est la méthode la plus utilisée en transport routier ;
  • elle suppose que la charge supporte la pression sans se déformer.

L’arrimage direct

  • les sangles ou chaînes relient directement la charge aux points d’ancrage du véhicule ;
  • on parle d’arrimage diagonal lorsque quatre liens partent des quatre coins ;
  • il retient la charge au lieu de l’écraser, ce qui convient aux engins et aux pièces rigides.

La combinaison des méthodes d’arrimage

En pratique, la plupart des chargements combinent blocage à l’avant et cerclage sur le reste. C’est souvent la solution la plus sûre et la plus rapide.

Les équipements d’arrimage

Le matériel d’arrimage se choisit selon la nature de la charge, jamais l’inverse :

  • les sangles textiles à cliquet, l’équipement le plus courant ;
  • les chaînes et tendeurs, pour les charges lourdes et les engins ;
  • les barres et entretoises de blocage, réglables en largeur ;
  • les tapis antidérapants, qui augmentent fortement le frottement ;
  • les cornières de protection, qui évitent que l’arête d’une charge ne cisaille la sangle ;
  • les filets, pour les charges légères et en vrac.

Lire la capacité d’une sangle

C’est le point que presque tout le monde interprète de travers.

  • la capacité s’exprime en daN, le décanewton, et non en kilos de charge transportable ;
  • une même sangle affiche deux valeurs : une en traction droite, une en cerclage, cette dernière étant le double ;
  • la valeur à retenir est celle qui correspond à la méthode que vous employez ;
  • l’étiquette cousue porte ces valeurs ; une sangle sans étiquette lisible n’est pas utilisable.

Le nombre de sangles nécessaires à un arrimage correct dépend du poids de la charge, du coefficient de frottement du plancher et de la méthode retenue. Deux sangles ne valent pas systématiquement mieux qu’une bien posée.

Un équipement conforme pour commencer

Pour un fourgon, une remorque ou un chargement léger, un jeu de sangles certifiées suffit. Le point à vérifier est la certification, qui atteste que la capacité annoncée a été mesurée.

Lot de sangles d'arrimage orange à cliquet HASKYY, étiquettes EN 12195-2 et TÜV GS visibles

HASKYY, lot de 10 sangles à cliquet 5 m certifiées EN 12195-2

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Les erreurs d’arrimage les plus fréquentes

Sept d’entre elles reviennent dans presque tous les contrôles :

  • utiliser une sangle usée, coupée ou sans étiquette ;
  • confondre la valeur en traction droite et celle en cerclage ;
  • faire passer une sangle sur une arête vive sans cornière ;
  • tendre une sangle au maximum, ce qui l’endommage sans améliorer la retenue ;
  • négliger le frottement et poser la charge sur un plancher glissant ;
  • arrimer vers l’arrière et oublier le latéral ;
  • laisser un jeu entre la charge et la paroi de blocage.

Le contrôle de l’arrimage

Un contrôle d’arrimage porte sur le résultat, pas sur l’intention. L’agent vérifie que la charge ne peut pas se déplacer, que les moyens employés sont en bon état et adaptés, et que leur nombre est cohérent avec le poids transporté.

  • un défaut d’arrimage peut entraîner l’immobilisation du véhicule jusqu’à remise en conformité ;
  • la responsabilité est partagée entre celui qui charge et celui qui conduit ;
  • en cas d’accident, la qualité de l’arrimage est systématiquement examinée.

Les bons réflexes d’arrimage avant de partir

  • répartir la charge pour respecter les masses par essieu ;
  • placer le plus lourd au plus bas et vers l’avant ;
  • combler les espaces vides ;
  • poser des tapis antidérapants sous les charges lisses ;
  • vérifier la tension après les premiers kilomètres, quand la charge s’est tassée ;
  • contrôler à nouveau après chaque déchargement partiel.

Ce dernier point est le plus négligé : un chargement arrimé pour sa configuration de départ ne l’est plus une fois la moitié déposée.

Questions fréquentes

Que veut dire arrimer ? Immobiliser une charge sur un véhicule pour qu’elle ne puisse ni glisser, ni basculer, ni tomber.

Quelle est la meilleure méthode d’arrimage ? Le blocage quand c’est possible, le cerclage sinon, souvent les deux ensemble.

Comment lire la capacité d’une sangle ? En daN, en distinguant la valeur en traction droite de celle en cerclage.

Combien de sangles faut-il ? Cela dépend du poids, du frottement et de la méthode ; il n’existe pas de règle unique.

Qui est responsable de l’arrimage ? Le conducteur, mais aussi celui qui a procédé au chargement.

Un filet suffit-il ? Pour des charges légères, oui. Pour des charges pouvant se déplacer, non.

Ce qu’il faut retenir

Un arrimage se juge sur trois questions : la charge peut-elle glisser, peut-elle basculer, peut-elle tomber. Si la réponse est non dans les trois directions, l’arrimage est correct. Le reste n’est qu’une affaire de méthode et de matériel en bon état.

L’arrimage se travaille avec les autres équipements du véhicule. Voir nos articles sur le bâchage automatique et le hayon élévateur. Les recommandations de prévention sont publiées par l’INRS.

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